Du sous-sol au Génie, anatomie de la colonne de Juillet

Le célèbre Génie ailé, perché à 52 mètres du sol, domine la  place de la Bastille. Des cryptes au sommet, découvrons l’anatomie de la colonne de Juillet ! 

Les soubassements et les parties souterraines

Le canal Saint-Martin coule sous la colonne de Juillet : les fondations qui supportent le monument ont été construites à cheval sur la voie d’eau. Depuis le péristyle intérieur, deux ouvertures offrent une vue plongeante sur le canal et sur les bateaux qui y circulent encore. 

De part et d’autre du canal, deux cryptes se déploient en demi-cercle. C’est là qu’ont été placés les restes des sept cents victimes des révolutions de juillet 1830 et février 1848. 

Le socle qui supporte la colonne est la partie la plus ancienne du monument : il date du Premier Empire et avait été conçu pour soutenir l’éléphant-fontaine voulu par Napoléon Ier. Ces maçonneries sont conservées lors de la construction de la colonne, dans les années 1830. 

Ce socle est constitué d’un soubassement circulaire de marbre rouge, sur lequel s’appuie un second soubassement carré orné de 24 médaillons et d’un troisième soubassement décoré de têtes de lion

Une mosaïque et un pavage agrémentent les deux terrasses : si leurs élégants motifs géométriques ne sont pas visibles depuis le sol, il est possible de les admirer en montant sur la terrasse de l’Opéra

 

Soubassement de la colonne de Juillet © Denis Gliksman / Centre des monuments nationaux

 

La colonne

179 500 kilogrammes de bronze ont été nécessaires pour fabriquer la colonne de Juillet. La partie métallique est constituée d’un piédestal cubique qui soutient un fût de 23 mètres de haut, couronné par un chapiteau composite. 

Le piédestal de bronze est décoré d’un relief figurant un lion, et de quatre coqs. Ces figures sont l’oeuvre du célèbre sculpteur animalier Barye. Un poème de Victor Hugo, écrit pour la Colonne, complète cet ensemble. 

Le fût de la colonne comprend trois registres d’inscriptions : figurent ici les noms des 504 victimes des Trois Glorieuses de Juillet 1830, gravés dans le bronze et dorés à la feuille d’or. 

L’intérieur de la colonne est creux : un étroit escalier de 200 marches permet d’accéder au sommet. Entièrement fondu en bronze et dans un très bon état de conservation, cet escalier est une véritable prouesse technique

 

Coupe de la colonne de Juillet. © ACMH Lionel Dubois / CMN.

 

Le Génie ailé 

Vu du sol, le Génie ailé de la Bastille peut paraître petit : pourtant, cette statue dorée mesure près de quatre mètres de haut ! Elle est l’oeuvre du sculpteur Auguste Dumont. Pour en admirer de près toutes les qualités esthétiques, rendez-vous au Musée du Louvre : il en expose une réplique réduite de moitié. 

Brandissant un flambeau et une chaîne brisée, ce génie symbolise la Liberté. Mais pourquoi donc ne pas l’avoir représentée sous des traits féminins, comme dans le célèbre tableau de Delacroix, La liberté guidant le peuple ? C’est qu’une figure féminine évoque trop la république, or, c’est une nouvelle monarchie qu’a mise au pouvoir la Révolution de 1830

 

Le Génie ailé au sommet de la colonne de Juillet © Didier Plowy / Centre des monuments nationaux

 

Une colonne chargée de symboles

Rien n’est laissé au hasard dans le décor du monument : tout comme le génie ailé masculin, chaque élément possède une symbolique bien précise. Les têtes de lion, très nombreuses, font référence au peuple souverain. Les coqs qui ornent le piédestal, quant à eux, symbolisent la France et répondent habilement aux aigles impériaux visibles sur la colonne Vendôme. La comparaison entre les deux monuments ne s’arrête d’ailleurs pas là : le génie ailé de la Bastille dépasse de dix mètres la statue de Napoléon qui couronne son pendant de la place Vendôme ! 

Parmi les ornements qui figurent sur la colonne de Juillet, un motif revient souvent : une étoile à trois branches sur une couronne de chêne : il s’agit de la croix de Juillet, un ordre créé par Louis-Philippe

  

> Découvrez l'importance de la place de la Bastille.